Moyen Atlas

Le Moyen Atlas existe depuis l’âge du système géologique Trias (-251 à -199,6 millions d’années av JC). C’est un massif montagneux dont le point culminant est Jbel Bou Naceur (3 356 mètres). Ce massif caractérise le relief du Maroc, il s’étend sur une longueur d’environ 350 km, du Sud-ouest au Nord-est du Maroc et couvre une superficie totale de 2,3 millions d'hectares entre le Rif et le Haut Atlas.
Le paysage du Moyen Atlas est doté d’une biodiversité très attrayante, c’est un territoire au charme insolite. Sa vocation touristique est due à sa richesse faunique et floristique très captivante. Ainsi le Parc national d'Ifrane situé dans le causse Atlassique entre Khénifra et Ifrane est un vrai joyau de la nature. Le Moyen Atlas abrite le monument Volubilis, le plus ancien site antique au Maroc qui remonte à l’époque mauritanienne (IIIème siècle avant J.C.).
Le Moyen Atlas est couvert de forêts de cèdres, de chênes verts et de chênes-lièges et clairsemé de magnifiques lacs tels Aguelmame Aziza, Aguelmame Sidi Ali, Tiglmamine, Daït Aoua, Afennourir, Daït Afourgah, Dait Iffer, Aguelmame Ouiouane etc.
De plus le plus long des fleuves marocains: « Oum Errabiaâ » (600 km) prend sa source dans le cœur même du Moyen Atlas «Aaâyoun oum Errabiaâ».
Les principales provinces du Moyen Atlas sont: Khémisset, Meknès, Khénifra, Ifrane, Boulmane, Sefrou, El Hajeb, ainsi qu'une partie des provinces de Taza et de Beni Mellal

La population
La population du Moyen Atlas est d’origine berbère. A partir du Moyen Atlas Occidental pays de la confédération des Zemmour, la population se compose de berbères Sanhaja, la population occupant le versant Est telles les confédérations des Bén Ouarain et celle des Marmoucha sont d’origine Zénète. Les Sanhaja comme les Zénètes sont d’origine Gétules, ces derniers sont apparus en Afrique du Nord au cours du IIIème millénaire av. J.-C. la population parlent le tamazighte en dehors des centres urbains le pastoralisme reste cependant la première ressource économique. Certains éleveurs vivent de nos jours en tant que nomades. Bien que la femme participe énormément dans la constitution du revenu subsidiaire du foyer, le statut social de la famille dans le Moyen Atlas reste patriarcal. Pour la femme du Moyen Atlas, le tissage des tapis et hanbal est une activité ancestrale, outre l’agriculture et la transhumance, il constitue une ressource subsidiaire incontournable. Les tapis produits dans le Moyen Atlas portent les noms de leurs tribus et confédérations de tribus respectives. Ainsi à partir de la ville de Roumani située à l’Ouest du Maroc vers la ville de Taza, elle même au Nord de Fès, les tribus qui tissent des tapis sont: les Zaèr, Boujaâd, Zemmour, Zayan, Guerouan, Aît Sgougou, Béni Mtir, Béni mguild, Aît Seghrouchen, Aît Youssi, Béni Sadden, Béni Alaham et les Béni Ouaraine. Et bien que les Béni Bou Yahi peuplent la chaîne du Rif (le Maroc Oriental) la majorité des chroniqueurs classent leurs tapis parmi ceux du Moyen Atlas.

La tradition
Au Moyen Atlas, la vie sociale de chaque confédération de tribu est organisée et gérée selon un droit coutumier non transcrit, ainsi on trouve chez la confédération des Zemmour la «tada», c’est le droit canon qui détermine les mécanismes de régulation sociale pour assurer aussi bien la sécurité des biens et des personnes. De même l’institution «tata» chez les Zayan détermine le rôle de la « j’maâ », du cheikh, du chef des guerriers, des souks, etc. Parmi les pratiques de ce droit: l’entraide. Ainsi, les tisseuses de tapis sont sollicitées pour prêter aide et assistante à une tisseuse se trouvant dans l’obligation de terminer un tissage dans un délai pressant c’est ce que les tisseuses dénomment «Twizi ou Twiza».
Au Moyen Atlas toutes les étapes de production sont caractérisées par une pratique de rites, tous les rites sont entrepris soit pour se prémunir de toute force invisible qui risque d’entraver le bon déroulement du tissage, soit pour se doter de force physique pour vaincre la difficulté du travail, ainsi les fileuses chantent la mélopée de la fileuse, un poème composé par Mririda n’Aït Attiq et transcrit par René Eulogue:

Tourne, tourne mon fuseau,
Mon fuseau de bois fin et poli,
Tourne de plus en plus vite,
Si vite que tu n’échapperas à mes yeux... Tourne!
Tu n'auras pas à ralentir
Car mes doigts agiles te nourriront
Au gré de ton tourbillon Et ne me demanderont pas grâce...
Tourne, tourne, mon long fuseau!
Enroule le blanc fil soyeux
La douce laine qui excelle pour la trame...
Tourne, tourne, mon petit fuseau!
Enroule le blanc fil solide,
La rude laine qui réclame la chaîne...
Blanche toison, enroule-toi Pour le bien des gens de la maison!
Ne vous brisez pas, longs fils blancs,
Ni maintenant ni plus tard sur l'ensouple
Quand ma fille passera trois fois sous le métier...
File, file plus vite entre mes doigts,
Blanche laine qui alourdit mon fuseau!
Pour la maisonnée, y a-t-il bien plus précieux
Que la laine et le grain, que le grain et la laine?
Ô Laine blanche, grise ou noire, que ta bénédiction soit sur nous
Avec le secours du Dieu clément et miséricordieux!

Le tissage des tapis
Il existe deux sortes de tapis, les tapis dénommés « Tazarbite » dont la hauteur des nœuds ne dépasse pas 3cm, et les tapis dénommés «lagtefa» ou «G’tefa» dont la hauteur des nœuds varie de 6 à 10cm. Pour le tissage des tapis, les tisseuses montent les nœuds sur deux ou quatre fils de chaîne, après les avoir rabattus vers le bas et coupés avec le couteau, elles les tassent avec un peigne battant «Tasakka», puis elles tissent de deux à cinq fils de trame «oukharri» puis elles lèvent le roseau «oughanim» d’ouverture et fermeture de la foule et recommencent la même opération. Après avoir tissé plus de 30cm de tapis, elles égalisent la hauteur des nœuds en les coupant avec les ciseaux, puis elles dénouent les cordes de l’ensouple «Taghadda» ou des ensouples «Tighaouine» et enroulent la partie tissée sur l’ensouple inférieure «Afaggaye» qu’elles callent avec une sorte de clavette dénommée «tassadart», puis elles fixent de nouveau l’ensouple ou les ensouples supérieures, et reprennent ainsi le tissage jusqu’à ce que le tapis tombe du métier.

Le tissage des Hanbals

Le tissage des hanbal (kilim) est réalisé selon une technique complètement différente de celle de la tapisserie à fontes, la texture est composée d’entrecroisement de fils selon l’armure drap ou toile, les motifs de décor sont tissés uniquement avec les fils de trame. Pour réaliser ce travail, la tisseuse passe les duites à la main puis elle les tasse avec le peigne battant Tasakka, elle lève ensuite le roseau  oughanim  d’ouverture et fermeture de la foule et recommence de nouveau le dépôt de duite et ainsi de suite.

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