Preparation de la laine en Maroc

La laine utilisée par les tisseuses pour la confection des tapis provient soit de peaux lainées soit de toisons.

Le lavage de la laine
L’opération de lavage commence par un trempage de la laine ou de la peau lainée la veille du jour du lavage, cela servant à défaire les impuretés solides et rendre la laine plus maniable. Dans le cas d’un lavage naturel, la tisseuse prépare en même temps une décoction de plante saponaire appelée «Tighicht» ou «Tighighicht».
Lors du lavage, la tisseuse rince abondamment la toison ou la peau à l’eau. Cette opération consiste à enlever les grosses impuretés ainsi que les herbes (chardons) qui sont accrochées à la laine.
Le lavage de la laine de toison se fait généralement sur la berge des rivières ou au bord d’un puits. La laine est séchée à l’air libre. Dans le cas de la laine de toison, la tisseuse lave d’abord la laine avec de l’eau pour enlever la terre et les grosses impuretés, puis la trempe dans une solution de «Tighicht». Pour la peau lainée, elle humecte minutieusement la peau (côté lainé) avec une décoction de plante saponaire préparée la veille en même temps que le trempage de la peau. Après avoir humecté la peau avec du «Tighicht», la tisseuse procède au battage. Cette opération consiste à battre la laine ou la peau lainée sur le côté chair, afin de dégager le suint et les impuretés qui sont encore accrochés à la laine. Une fois le battage terminé, la peau est rincée abondamment à l’eau.

Deux artisanes retournent la peau sur le côté lainé, l’étirent latéralement entre elles, puis la secouent selon des mouvements de droite à gauche et de l’arrière vers l’avant pendant quelques minutes pour extraire l'eau de lavage.

Après avoir essoré la peau, les tisseuses la laissent s’égoutter pendant un certain temps. La peau est de nouveau retournée, le côté laine étant placé vers l’intérieur. La peau est ensuite pliée puis conservée à l’abri du soleil. L’entreposage de la laine dure entre 24 heures pendant l’été et 2 à 3 jours pendant les saisons humides. La durée de conservation est très importante car elle entraine la fermentation et par conséquent facilite l’épilation.

Le délainage (Atkhalkhil)
Après avoir entreposé la peau, les fileuses la retournent de nouveau, l’étendent entre elles puis la battent fortement pour extraire les fibres mortes et redresser les fibres ayant tendance à feutrer lors du lavage de la peau. La laine extraite de la peau doit d'être exposée au soleil avant le peignage: c’est pour cela que le délainage est réalisé généralement durant les jours ensoleillés.
Lors du délainage, la tisseuse maintient la peau immobile de la main gauche, la main droite maniant un peigne (Alkhalkhal). La tisseuse fixe le peigne à la racine des brins de laine et tire avec force vers elle afin de les extraire entièrement. L'opération continue jusqu'au remplissage du peigne.

Le peignage

Le peignage de la laine est souvent réalisé d’une manière collective selon le système de «Twisa». Quand la laine est plus ou moins sèche, l’artisane fileuse procède au peignage, opération consistant à faire passer plusieurs fois la laine d'un peigne à un autre.
A chaque passage, la tisseuse recueille les petites nappes de fibres de laine et les pose l’une sur l’autre de façon à préparer le ruban de laine peignée.
Le peignage sert, grâce aux passages répétés de la laine enchevêtrée à travers les dents des peignes, à déposer parallèlement les fibres longues les unes à côté des autres. C’est ainsi que les fibres s'aboutent les unes aux autres, ceci préparant déjà le filage qui ne consiste plus qu'à amincir la mèche et à la tordre.

Le cardage

Cette opération est effectuée dans les mêmes conditions que le peignage. La laine destinée au cardage est généralement constituée de fibres courtes ou de longueur moyenne. Le reste de la laine issue de l’opération de peignage est cardé. Pour procéder au cardage, la tisseuse entremêle une petite quantité de laine aux dents d’un des deux volets de la carde puis commence à carder en effectuant des mouvements de va et vient des deux volets de la carde manuelle.
Pour obtenir un fil plus au moins résistant, la tisseuse mélange deux tiers de laine de fibres de longueur courte ou moyenne avec un tiers de laine de fibres longues. Là encore, la tisseuse superpose les nappes de fibres cardées l’une sur l’autre tout en les posant légèrement décalées de façon à les abouter.

Formation du ruban peigné (Sboula)

La préparation du ruban peigné est considérée comme l’opération post-filage. La tisseuse, les jambes allongés par terre, fixe le peigne rempli de laine entre ses talons. Elle prend de ses deux mains l'extrémité libre des brins tournés vers elle, puis tire doucement afin de former un large ruban qui s'allonge au fur et à mesure qu'elle tire davantage et avance alternativement ses deux mains.
Le ruban en laine qui en résulte est appelé « Sboula », l'épi par analogie aux épis du blé. Avant de procéder au filage, la tisseuse enroule la quantité de ruban à filer sur la quenouille, un petit bâtonnet en bois que les tisseuses appellent « Rekkab ».

Filage

Le filage est l’assemblage de fibres individuelles en un fil résistant et consolidé. Pour cette opération, la fileuse se sert d’outils rudimentaires et extrêmement simples, à savoir le fuseau et la quenouille. Le fuseau ou « Maghzal » se compose d’un peson en bois appelé « alfelka » et d’une petite broche en bois.

Lors du filage, la fileuse se sert de ses deux mains. Elle tient de la main gauche la quenouille sur laquelle le ruban est enroulé tout en faisant tourner le fuseau suspendu devant elle de la main droite. Elle place simultanément la mèche de laine à filer entre le pouce et l'index de la main gauche. Avec les mêmes doigts de la main droite, elle étire et tord la mèche en animant le fuseau de mouvements continus de rotation afin que le fil ne se casse pas.

Lorsque le fuseau est rempli de fils filés, la tisseuse procède au dévidage du fuseau: cette opération consiste à mettre la laine filée en écheveaux. Il s’agit d’une opération rapide et facile à réaliser, mais qui revêt une grande importance car elle permet le bon ordonnancement du fil. Ce dernier n'aura donc plus tendance à s'enrouler sur lui-même durant le tissage.
Pour dévider le fuseau, la fileuse tient le bout du fil de la main gauche et commence à dévider le fuseau en passant le fil sous son pied, de façon à constituer des boucles entre sa main et son pied. Le fuseau peut aussi être dévidé grâce à un dévidoir. Cette opération est appelée «atterjal».

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